[Portrait] Sarah Viola, de la Belgique à Asnières, en passant par Boston !

Voici un petit clin d’oeil à Sarah Viola, joueuse belge de 20 ans qui après avoir joué en WFA aux États-Unis la saison passée, viens refaire un petit tour du côté de la région parisienne en jouant la saison 2015-2016 chez les Molosses d’Asnières. Elle qui avait fait partie des stagiaires de l’IDF Camp en août 2014.

Sarah a accepté de nous en dire un peu plus sur elle avant son premier match en France contre les Dragons de Paris. Elle partage aussi avec nous ses premières impressions après ce baptême hexagonal.

Sarah, avant match : Moi c’est Sarah Viola, j’ai 20 ans et je suis Wide Receiver et Running Back. Je joue au flag depuis que j’ai 10 ans chez les Brussels Tigers et à 14 ans j’ai mis pour la première fois les épaulières pour jouer en cadets (U16). J’ai connu mon club grâce à une démonstration à Bruxelles qui se passe tous les ans. J’ai joué pendant une saison chez les Boston Renegades anciennement les Boston Militia. C’était une expérience hors du commun et j’ai beaucoup appris je suis arrivé chez eux en étant receveuse et j’ai fini Running Back !

Les coachs et la structure étaient énormes ! J’ai pu enfin réaliser un rêve, en jouant avec des filles. Je suis dans le monde de football depuis 10 ans et j’ai pu accomplir un rêve inimaginable. Si c’était à refaire je le referais ! J’essaye encore maintenant de retourner dans mon ancienne équipe de Boston ! Je suis juste déçue qu’ici en Belgique le foot ne soit pas assez connu pour avoir une équipe féminine !

Sarah Viola, #14 RB chez les Boston Renegades
Sarah Viola, #14 RB chez les Boston Renegades

Je suis venue jouer chez les Molosses car il était hors de question d’arrêter le foot. Je voulais jouer avec des femmes et vu que je connaissais des joueuses dans cette équipe, j’ai fait mon choix. Je suis assez impatiente de jouer, j’ai envie de montrer ce que j’ai appris à Boston. Je me prépare pour ce match mentalement, physiquement et tactiquement depuis maintenant 4 mois.

Sarah #12 et sa nouvelle teammate, Amila #15
Sarah #12 et sa nouvelle teammate, Amila #15

Sarah, après match : Je suis très heureuse après ce match bien évidement car j’ai pu mettre en pratique tout ce que j’ai appris à Boston. Puis les filles ont été super avec moi elle m’ont acceptée dans l’équipe ! On a fourni un bel effort collectif, chacun a fait le boulot qu’il devait faire et c’est ce qui m’a permis de mettre mon premier TD avec l’équipe !

Sarah concernant l’évolution du Football Américain féminin en France :  Je suis quand même assez impressionnée du développement du foot us féminin en France. Voir tous ces supporters prouve que le foot avance. Et de voir autant de filles passionnées par le foot us, ça fait vraiment plaisir

On est allées chercher du côté de ses anciennes coéquipières de Boston, pour le petit mot sympa de son ancienne OL, Lizzie Sanderson : Je joue sur la ligne offensive (garde) pour les Renegades de Boston. Ma première année avec les Renegades était aussi celle de Sarah. Elle est incroyablement passionnée de football. Ce fut la première chose que j’ai découvert à son sujet. Elle aime jouer, elle aime le jeu, et elle a travaillé dur pour toujours s’améliorer. J’ai beaucoup aimé jouer avec elle et la regarder jouer. Good luck à elle ! 

Et pour le fun on ressort aussi quelques dossiers de l’IDF Camp de 2014 ! 😉

IDF Camp 2014 - Tests physiques
IDF Camp 2014 – Tests physiques
IDF Camp 2014 - Drills receveurs
IDF Camp 2014 – Drills receveurs
IDF Camp 2014 - Receveuse Chill !
IDF Camp 2014 – Receveuse Chill !

Merci beaucoup à Sarah pour cette interview et un grand bienvenue à elle en France !

Keep grinding !

Sylvie Aïbeche

Crédit Photo Cover : Hervé Levon AKA HL Photography

Le mot des coachs Blue Sharks

Une nouvelle équipe est entrée en lice lors de la deuxième journée du Challenge National. Les Blue Sharks se sont crées en cours de saison, peu de temps avant le début du Challenge National. Il s’agit de l’alliance entre les Blue Stars de Marseille et les Sharks de Valence deux équipes rookies. Séparées par deux heures de routes, les deux équipes ont relevés le défi de l’alliance inter-club. Quelques jours avant leur deuxième rencontres face aux Ours de Toulouse les deux coachs de l’alliance sudiste nous exposent leur démarche et leurs objectifs.

1/ Pouvez-vous vous présenter s’il vous plaît ?

Mickaël Adrian (Sharks) : J’ai 32 ans et je suis le président du club des Sharks de Valence depuis sa création en 2002. Après de nombreuses saisons comme entraineur des U19 puis des Seniors, j’avais mis entre parenthèse l’an passé le coaching pour me consacrer à d’autres projets au sein du club.

Nathan Jackson (Blue Stars) : J’ai 20 ans, et j’en suis à ma 6ème année de football. J’ai été Quarterback pendant 5 ans en cadets/juniors et maintenant je suis Cornerback en seniors. J’ai été Champion de France en U19 à 11 la saison passée.

Nathan Jackson, coach des Blue Stars de Marseille
Nathan Jackson, coach des Blue Stars de Marseille

2/ Comment t’es venue l’envie de coacher des joueuses femmes ?

Mickaël Adrian (Sharks) : Nous avions une demande croissante de femmes souhaitant pratiquer notre sport. Le développement de nombreuses équipes en France et la mise en place de regroupements par la Ligue Rhône-Alpes nous ont convaincus que c’était le moment de créer une section féminine. Il m’est paru important d’accompagner et de m’investir dans le lancement de ce nouveau projet.

Nathan Jackson (Blue Stars) : Cela fait maintenant 3 ans que je prends plaisir à coacher les jeunes sections (minimes/cadets) et je me suis dis que d’aider une section feminine à se développer serait un challenge de taille.

3/ Selon toi cela est-il différent que de coacher des hommes ? En quoi ?

Mickaël Adrian (Sharks) : Fondamentalement, il n’y a pas d’énorme changement au niveau coaching. On se rend compte pourtant rapidement de différences.Les femmes intègrent et appliquent beaucoup plus rapidement les consignes. Je trouve que la progression technique est ainsi plus rapide. Elles ont également davantage de rigueur. Mais parfois, elles en oublient un peu l’essentiel : se faire plaisir en jouant !

Nathan Jackson (Blue Stars) : Cela, par contre, est très différent. Les mecs sont largement moins dissipés que les filles en général. Il y a largement moins de problèmes de discipline. Lorsque l’on donne un ordre, il y a parfois besoin de répéter, mais c’est assez ordonné. Dans le cas des filles, elles ont tendances à discuter les consignes, donner leurs avis et à chercher par tout les moyens à comprendre la logique de celles-ci. Par contre, la capacité à assimiler une technique et/ou un playbook en général est nettement au dessus chez les filles.

Blue Sharks, training pré-match
Blue Sharks, training pré-match_Photo de Mickael Adrian

4/ En créant une nouvelle équipe, les Blue Stars/Sharks. Quelles étaient vos envies ? Vos objectifs ?

Mickaël Adrian (Sharks) : Les effectifs de Marseille et de Valence n’étaient pas suffisants pour participer chacun de son côté au Challenge. En début de saison, nous nous sommes alors rapprochés (malgré les 2 heures de route qui nous séparent) et avons mis en place cette entente. L’objectif reste la formation de nos joueuses et de leur permettre de jouer leurs premiers matchs. Les scores et résultats sont vraiment secondaires.

Nathan Jackson (Blue Stars) : En créant cette alliance, notre but premier était de faire jouer nos filles. Nous n’avions pas assez de joueuses pour pouvoir prétendre au challenge féminin, donc l’alliance avec un club voisin nous a paru la solution la plus plausible.

4/ Maintenant que vous êtes en alliance, ont-ils évolués ?

Mickaël Adrian (Sharks) : Non, la priorité reste toujours de parfaire notre formation et que les joueuses puissent progresser au fil des matchs de ce Challenge.

Nathan Jackson (Blue Stars) : Maintenant que notre alliance est en route, notre but premier est toujours de faire jouer nos filles et qu’elles prennent le plus de plaisir possible sur le terrain.

Blue Sharks' Offense
Blue Sharks’ Offense_Photo de Mickaël Adrian

5/ Le fait de gérer une alliance est un challenge en soit. Peux-tu nous donner ton ressenti à ce sujet stp ?

Mickaël Adrian (Sharks) : C’est sûr que la distance complique un peu le travail mais la communication entre nous (effectifs et coaching staff) nous permet de compenser la distance et d’avancer ensemble. Nous avons organisé déjà trois rassemblements et d’autres sont prévus pour que le collectif puisse travailler ensemble sur le terrain.

Nathan Jackson (Blue Stars) : Le seul point faible que je vois à cela c’est de ne pas avoir tout les entraînements ensemble. Nous essayons quand même d’organiser aussi souvent que possible des rassemblements, histoire d’être au point les jours de matchs.

6/ Comment vois-tu l’évolution du football américain féminin en France ?

Mickaël Adrian (Sharks) : Nous en sommes au tout début du football américain féminin. Comme l’était le footUS masculin, il y a quelques années. Il faudra du temps, de la patience et du travail pour développer la pratique.

Nathan Jackson (Blue Stars) : Je pense que le football américain féminin en France a devant lui un grand avenir. De par la communication sur les réseaux sociaux et autres, les sections féminines se rempliront de plus en plus pour enfin, pourquoi pas, être autant qu’une section masculine.

Quels seraient les prochaines étapes pour l’aider à se développer selon toi ?

Mickaël Adrian (Sharks) : Il est nécessaire de soutenir la création et le développement de sections féminines. Compte-tenu des effectifs importants que nous demande notre sport, la mise en place d’ententes entre clubs est une bonne alternative et doit permettre à chacun d’être un tremplin pour son développement.

Nathan Jackson (Blue Stars) : Pourquoi pas mettre en place, comme à Thônon-Les-Bains cette année, des rassemblements féminins, deux ou trois fois dans l’année, ou encore créer des équipes régionales et/ou de France Féminines.

Blue Sharks' run
Blue Sharks’ run_Photo de Mickaël Adrian

Un mot pour conclure ? 

Nathan Jackson (Blue Stars) : Pour conclure, je souhaiterais encourager toute les équipes féminines, qui ont encore du mal à évoluer car seul peu de personne savent à quel point c’est compliqué de grandir dans ce milieu.

Merci aux coachs pour le temps accordé et pour leur investissement dans le football américain féminin. Good luck aux Blue Sharks pour leur prochain match face aux Ours le 10 avril.

Pour la liste de tous les matchs à venir.

Sylvie Aïbeche

[Interview] Le retour des Falcons !

Une excellente nouvelle arrive avec ce début d’année : le retour en force des Falcons de Bron-Villeurbanne !

Voici un article paru dans Le Progès, un journal lyonnais, le 4 janvier 2016 :

Football-américain-féminin-Article-Falcons
Football-américain-féminin-Article-Falcons

Ouverte depuis 2013, la section a vécu des hauts et des bas avec notamment une quasi fermeture durant la saison 2014 – 2015 faute d’effectif. C’était sans compter l’irréductible Séverine Duchez présente depuis la première heure et qui a su se battre pour garder cette section vivante. Nous sommes revenues sur ses années chez les Falcons, la découverte des autres joueuses françaises et surtout l’arrivée d’Alexandre Camara leur nouveau coach et le renouveau de leur groupe.
Voici son ressenti :

Peux-tu nous en dire plus sur la création et la première saison de l’équipe féminine des Falcons ?
La création de l’équipe s’est faite sous l’impulsion de Lucie Ramade. En effet, cela faisait déjà deux ou trois ans qu’elle jouait avec les juniors. La première saison a été dure, autant physiquement que moralement. On a du apprendre toutes les bases et on n’a commencé qu’assez tardivement les vrais contacts et la mise en place des postes.

Toi qui est restée depuis le début de la création de l’équipe, quel a été ton sentiment lorsque tu étais la seule licenciée ?
Tout 2015, j’ai été seule et franchement j’avais un sentiment d’abandon total de la part du club. J’avais beau demander où cela en était je ne recevais aucune réponse. Mais Alexandre Camara est arrivé au sein des Falcons et a repris les choses en main en proposant de remonter l’équipe. C’est un grand plaisir d’avoir à nouveau une section !

Tu as tout de même été à Thonon pour représenter les Falcons en mai dernier, quelles ont été tes impressions en découvrant les autres joueuses de France ?
Franchement, à Thonon, j’ai été agréablement surprise. Je ne m’attendais pas à autant de fraternité entre les joueuses. Les filles des différentes équipes et les coachs m’ont beaucoup apporté. Et grâce à tout ce petit monde, j’ai eu de nouveau envie de jouer au football américain. Grace à vous je n’ai pas baissé les bras ! Merci !

Tu as continué à aller aux regroupements de la région Rhône-Alpes pendant cette période. Peux-tu nous en dire un plus stp ?
Je n’ai malheureusement pas pu aller aux deux derniers regroupements qui se sont étoffés de nouvelles équipes, mais pour ceux où j’ai été je ne peux dire qu’une chose : on s’entend bien et le projet avance doucement mais sur une bonne base !

Après ce long combat, le club dote enfin la section d’un coach, quel est ton ressenti ?
Au début j’avais quelques doutes mais après la rencontre avec notre nouveau coach, j’ai vu qu’il était autant motivé que moi par l’équipe. Grace à lui, en ce début d’année, on a notamment fait paraître un article dans Le Progrès, un journal lyonnais. Lundi 11 janvier nous aurons également une équipe de tournage de TLM (une chaine de télé lyonnaise également) qui viendra faire un petit reportage sur notre équipe. Depuis l’arrivée d’Alex, il y a eu pas mal de renouveau et les filles ont l’air bien motivées !

Quelles autres mesures met également en place le club pour développer votre section ?
Outre la publicité dans la presse écrite, la télévision ou la radio, nous allons aussi distribuer des flyers dans Lyon pour nous faire connaître. Mais pour le moment, cela en restera à là : bouche à oreille et un peu de communication.

(Ce qui est vraiment pas mal !)

Séverine Duchez - Centre et Nose chez les Falcons
Séverine Duchez – Centre et Nose chez les Falcons

As-tu déjà rencontré les nouvelles filles de ton équipe ? Comment ont-elles découvert le sport ? Quel est leur ressenti ?
En ce qui concerne les filles, j’en ai rencontré trois qui sont sportives et surtout très motivées. Franchement, cela s’est très bien passé, je leur ai expliqué les problèmes qu’on avait rencontré et ce qu’il ne fallait surtout pas faire. C’est le bouche à oreille qui leur a fait connaître ce sport. Elles n’ont pas arrêté de relancer le club pour savoir quand l’équipe reprendrait, donc ça prouve bien leur envie ! Pour l’instant nous n’avons pas encore eu d’entrainements. Le premier sera le vendredi 8 janvier mais je ne me fais pas de soucis. Cette année, elles vont apprendre les bases et je pense que l’on va vite progresser.

Du coup, que ne faut-il surtout pas faire à ton avis ?

Disons surtout qu’il faut venir aux entrainements avec une seule idée en tête : « Football américain » ! Ne penser et ne parler que de ça quand on entre sur le terrain. Le reste c’est en dehors. On a la chance de pratiquer un beau sport qui nous permet de nous défouler. Faisons-le à fond !

Que souhaiterais-tu dire aux éventuelles nouvelles recrues et filles de ta région concernant notre sport et la reconstruction de l’équipe ?
Aux nouvelles recrues, je dirais qu’il ne faut pas se focaliser sur l’image que les médias donnent de ce sport. On parle du football américain comme d’un sport de brutes alors qu’en réalité, le football américain nous apprend des valeurs qui sont essentielles dans la vie de tous les jours. Il nous apprend aussi à faire confiance aux autres et à travailler tous ensemble dans un seul et même but : gagner !
Dans ce sport, on ne juge pas… Que vous soyez maigrichonne ou plus imposante, vous avez votre place. Le physique, on s’en tape, ce qui compte c’est l’envie et la motivation. Sachez aussi que le challenge principal c’est d’être meilleure à chaque entrainement, avant tout c’est un défi personnel.
Aux Falcons, on a eu pas mal de soucis, mais nous n’avons jamais baissé les bras. Nous repartons sur des bases solides avec des objectifs bien définis. Alors si vous vous sentez l’âme d’une guerrière, que vous avez envie d’en découdre, de transpirer, n’hésitez pas à venir nous rejoindre, nous vous accueillerons les bras ouverts !

Merci beaucoup à Séverine pour cette interview et sa perseverance !

Bonne saison aux Falcons !

Par Sylvie Aïbeche

Les équipes recrutent pour la nouvelle saison !

La nouvelle saison commencera au fil des jours qui viennent pour toutes les équipes de France.
De nouvelles sections verront le jour cette année et il est judicieux de penser que le nombre national d’équipes féminines va s’agrandir considérablement. Peut-on également espérer plus d’équipes inscrites au Challenge National ? Nous le souhaitons fortement mais ça ce sera une surprise de fin 2015.

En attendant bienvenue à toutes les nouvelles recrues ! Venez encore nombreuses découvrir notre magnifique sport !

Voici les flyers de recrutement de toutes françaises :

Football-Américain-Féminin-Recrutement-Argonautes-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Argonautes-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Black-Panthers-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Black-Panthers-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Blue-Stars-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Blue-Stars-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Celtics-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Celtics-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Corsaires-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Corsaires-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Dockers-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Dockers-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Dragons-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Dragons-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Falcons-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Falcons-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Félines-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Félines-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Flash-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Flash-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Flash-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Flash-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Gauloises-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Gauloises-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Géant-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Géant-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Hurricanes-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Hurricanes-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Mavericks-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Mavericks-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Molosses-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Molosses-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Notre-Dame-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Notre-Dame-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Ogresses-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Ogresses-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Ours-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Ours-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Sharks-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Sharks-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Tigres-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Tigres-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Vikings-2015-2016
Football-Américain-Féminin-Recrutement-Vikings-2015-2016

Portraits de joueuses à l’aube du premier challenge

Cet article avait initialement été écrit en mars 2015 pour le magazine « 4th & Goal » mais suite à la fin de sa publication, il n’aura trouvé lecteur. Voici ici l’occasion de faire découvrir les paroles de ces joueuses engagées !

La première journée de l’inédit Challenge National féminin est l’occasion pour deux équipes de jouer leur tout premier match : les Argocanes et les Gorgones, deux équipes créées la saison passée, que la passion et les défis du foot US réunissent. Nous avons décidé de les mettre à l’honneur dans ce numéro et de partager leur début en tant qu’équipe et leurs premiers pas sur le field.

Les Gorgones ou Team Lorraine - Photo d'Émilie Dautriche
Les Gorgones ou Team Lorraine – Photo d’Émilie Dautriche

Les Gorgones sont l’union des Artilleurs de Metz, des Blizzards de Freyming-Merlebach, des Highlanders d’Épinal et des Tigres de Nancy. Anne-Sophie (21 ans, CE/Capitaine), Camille (22 ans, WB/CB), Laetitia, (24 ans, RB) et Jessica (28 ans, RB/DE) ont accepté de répondre à quelques questions la semaine précédent leur premier match.
Les ArgoCanes quant à elles sont une alliance entre les Argonautes d’Aix-en-Provence et les Hurricanes de Montpellier. Sophie (20 ans, RB/Capitaine) et Sandrine (29 ans, WR/CB) ont répondu après leur première victoire.

Les Argocanes lors de leur premier match. Photo de Nicolas Nogue
Les Argocanes lors de leur premier match. Photo de Nicolas Nogue

PASSION

La passion les unit toutes. Certaines jouaient au flag avant, d’autres en équipé avec les garçons, mais pour la plupart, le football américain est une découverte récente qu’elles aient été sportives ou pas. Ce qui les réunit toutes : le coup de foudre pour cette discipline.
Anne-Sophie raconte comment elle est tombée amoureuse de ce sport de contact pour lequel la tête est aussi importante que les jambes. Comme tout autre joueur de football, elles sont profondément convaincues d’avoir découvert un sport extraordinaire, ouvert à tous, aux valeurs fortes, où le respect, l’esprit d’équipe et le dépassement de soi sont indispensables.
Pour Camille c’est un match de Super Bowl qui a déclenché chez elle « une certaine euphorie » dit-elle, comme une évidence.

AU DELÀ DES LIMITES

Même volontaires, recruter et construire une équipe féminine reste, selon les cas, un véritable défi. S’imposer en tant que joueuses de football américain au sein d’un club n’est pas toujours facile. Bien souvent les sections féminines sont de nouveaux projets et pas forcément prises au sérieux au premier abord. « Plus l’équipe s’est agrandie et le projet de la Team Lorraine (Gorgones) s’est concrétisé, plus nous avons été prises au sérieux. Maintenant, je sens que le club est derrière nous et nous soutient à 100% et j’espère qu’ils seront nombreux à venir nous supporter dimanche. » explique Laetitia. Camille est d’accord. Selon elle leur voix commence à se faire entendre. La communication plus fluide, elle raconte bien se sentir chez les Tigres. Anne-Sophie va encore plus loin : « Avec tout le temps que je consacre à ma passion au sein de l’association que ce soit en joueuse, arbitre ou en simple bénévole, les Tigres sont devenus ma deuxième famille ! La route est difficile pour maintenir sur pieds une toute jeune équipe féminine mais c’est à force d’investissement que nous faisons notre place et que nous tentons de nous imposer de manière définitive dans le paysage du club. »

Les Gorgones au training - Photo D'Émilie Dautriche
Les Gorgones au training – Photo D’Émilie Dautriche

TEAM WORK

Le football au féminin, bien qu’il ait de beaux jours devant lui, reste une activité encore peu connue. Faute de pouvoir suffisamment recruter, certaines équipes ont donc recours aux alliances avec toutes les problématiques d’équilibre et d’osmose que cela comporte.
Au delà des questions logistiques, de trainings et de cahier de jeux, ces unions doivent trouver une énergie commune, un rythme de marche. La fusion semble avoir bien fonctionné au sein de ces deux exemples, les retours étant très positifs. On parle d’impartialité, de buts communs, de fluidité, d’échanges, d’entraide, de véritables équipes en somme.
Mais comme le souligne très judicieusement Anne-Sophie des Gorgones, l’avenir est le développement : « Aujourd’hui je suis convaincue des bienfaits de cette entente qui ne nous amène que du positif. Mais je reste convaincue que chaque club doit trouver les ressources pour créer sa propre section féminine indépendante. Une entente lorraine c’est bien mais pouvoir avoir 4 équipes en lorraine ce serait encore mieux ! »

Les joueuses travaillent dur et à l’arrivée du match, elles m’expliquent que le rythme et le contenu des trainings a changé comme vous pouvez l’imaginer. Au delà des résultats et du jeu sur le terrain ce qui me marque dans leur propos c’est leur entraide et le profond respect qu’elles ont chacune pour les autres. Rien de bien nouveau dans le monde du football me direz-vous ? Nous sommes d’accord, c’est pour cela que nous pratiquons notre sport. Cependant c’est toujours plaisant et important de l’entendre. « L’esprit d’équipe, la solidarité entre les filles. Ce n’est pas quelque chose que l’on retrouve partout. Je trouve qu’il n’y a que dans le sport où l’on peut ressentir ça, le sentiment d’appartenir à un groupe soudé et le fait qu’on se soutienne les unes et les autres. », explique Laetitia, alors que Camille ajoute : « Je savais qu’il y avait un vrai esprit d’équipe dans le foot américain, mais à ce point ?! C’est de la folie, j’adore ! »
La capitaine Gorgone, Anne-Sophie parle de ses coéquipières :
« Je suis vraiment heureuse d’avoir des femmes comme elles à mes côtés ! Elles sont toutes arrivées au compte goutte cette année pour la plupart. Elles sont fières, indépendantes et investies et elles savent que notre profond esprit d’équipe est notre meilleure arme. Ce n’est pas ma première relation d’équipe mais c’est de loin la meilleure et celle dont je garderais le souvenir sur les années. »

Elles sont confiantes et fières de jouer ensemble. Ces athlètes en initiation, sont à mon sens source d’inspiration même pour les joueurs plus expérimentés. Nous sommes d’ailleurs loin des stéréotypes sur les équipes féminines : « Je me disais que ce serait un peu compliqué à intégrer, mais pas du tout, superbe accueil, j’ai été surprise ! J’ai toujours pratiqué des sports individuels et donc je n’ai jamais ressenti ce soutien à mon arrivée, ça fait plaisir ! » Camille.

Les Gorgones au training pré-match. Photo d'Émilie Dautriche
Les Gorgones au training pré-match. Photo d’Émilie Dautriche

LE PREMIER MATCH

À quelques jours d’affronter les expérimentées Sparkles, les Gorgones ont conscience que ce ne sera pas une mince affaire mais semblent plus que jamais déterminées : « Je suis dépitée d’être blessée, les voir aux entraînements me donne encore plus envie d’être sur le terrain. À défaut d’être utile dans le jeu, j’espère être là pour les motiver à fond. Ce match, on peut le gagner au mental. Je pense qu’elles sont un peu stressées, on est un peu les outsiders mais je crois en elles. Je suis sûre qu’elles sont capables de se dépasser » explique Laetitia, des Gorgones. « Surtout, il ne faut pas se décourager, peu importe le score ».

« Nous savons que nous ne sommes pas les favoris dans ce groupe nord. Nous avons l’envie et c’est tout ce qui compte. Ça n’a pas toujours été évident, nous n’étions que six licenciées au mois de novembre, mais à quelques jours de la première journée du challenge, on peut se le dire : c’est déjà une grande réussite de pouvoir jouer ce premier match. » Camille

Toutes plus enthousiastes les unes que les autres, elles expliquent ressentir un mélange d’impatience et d’appréhension en réalisant que ce match serait l’aboutissement de tant de mois d’entraînement. Comme le souligne Sandrine des Argocanes, ce serait également la première expérience des conditions réelles de jeux et de l’arbitrage.

Elles partagent sans aucun doute l’énergie et l’envie de se surpasser. Elles sont remontées à bloc et n’attendent qu’à en découdre ! Elles saisissent néanmoins l’occasion pour se souffler de belles valeurs, comme le souligne Jessica : « Cette envie de tout rafler sur notre passage a un côté très stimulant. J’adore ça car on est dans un monde à part du quotidien qui fait ressortir notre personnalité. Je retiendrai les mots de nos coachs : Être humble face à l’adversaire, ne jamais rien lâcher, avoir l’envie de gagner et soutenir notre équipe. »

Le jour de vérité : « Je n’irais pas à ce challenge si je n’avais pas une confiance aveugle en elles toutes, et c’est le cas. Ce sont des femmes fortes et investies qui vont enfin montrer à toutes et tous de quoi elles sont capables ! » Anne-Sophie. Que ce soit dans la victoire ou la défaite, elles ressortiront grandies de ce match.

Comme nous l’avons tous vécu, et comme l’a découvert pour la première fois Sandrine : « une fois sur le terrain, et le premier coup de pied donné, le stress disparaît pour laisser place à l’adrénaline et la concentration. Le temps passe vite… ». Sophie des Argocanes, qui joue pourtant au football équipé avec les garçons depuis 12 ans, explique ne s’être jamais sentie aussi utile et importante pour son équipe. C’est aussi le rôle que tiennent les joueuses les plus expérimentées, en apportant le petit plus pour mettre le groupe dans le sens de la marche. Leur soutien fera sûrement évoluer notre sport.

Les Argocanes qui ont déjà joué leur match au moment des interviews, semblent encore plus unies qu’auparavant : « Je nous ai vraiment senties comme une équipe. » dit Sandrine alors que Sophie ajoute sur ses coéquipières : « Je les vois maintenant comme des guerrières qui se sont battues jusqu’au bout pour décrocher notre première victoire ! ». Heureuses d’avoir vu leurs efforts se concrétiser de la plus belle des manières, leur souvenir le plus fort fut évidemment leur tout premier touchdown arrivé comme une délivrance alors qu’elles étaient menées en début de rencontre. Elles pensent déjà aux prochains matchs : « Nous allons aborder le prochain avec encore plus d’envie, nous savons maintenant ce qui nous attend et nous n’avons qu’une hâte, c’est que ça recommence. » Sophie

ArgoCanes vs  CDFA 33 - Photo de Nicolas Nogue
ArgoCanes vs CDFA 33 – Photo de Nicolas Nogue

Alors que je joue moi-même au football depuis 4 ans, j’ai tenu à partager avec vous ces témoignages débordants d’enthousiasme et de détermination car ils sont source d’inspiration pour nous tous : des femmes conquérantes et unies qui n’ont pas froid aux yeux.

Nous avons tous nos souvenirs du début, de notre premier match… Beaucoup de joueurs masculins liront ces lignes. Je suis sûre qu’eux aussi se reconnaîtront dans ces propos et réaliseront que l’envie du foot est finalement universelle. Il est parfois difficile de s’imposer en tant que joueuses ou équipe féminine, pourtant la passion reste la même. Qu’il s’agisse de nos interviewées, des participantes du challenge ou des joueuses des équipes nouvelles, toutes en sont la preuve. Le football féminin avance bel et bien. Et c’est une bonne chose pour tous !

Go girls !

Par Sylvie Aïbeche