[Interview] Women Underground Scrimmage I

Le premier Women Underground Scrimmage s’est tenu ce dimanche (24 janvier) sur le magnifique terrain de football américain de Villepinte. La rencontre opposait le Flash de la Courneuve à une union de 22 joueuses des Corsaires, Diables Rouges, Furies, Gauloises, Météores, OgressesPendragons et Sparkles, qui jouaient ensemble pour l’occasion. Elle s’est soldée par un 6 – 0 pour les « Women » comme on appellera désormais cette alliance éphémère.

Des matchs comme celui-ci se tiendront toute la saison, une fois par mois. Toutes les équipes de France sont invitées à ce joindre au projet. Le but premier étant de permettre au plus grand nombre de licenciées de jouer au football.

Afin d’en savoir un peu plus sur le projet, nous en avons discuté avec certains des acteurs de cette première session : Linsey Gibon, créatrice de Women U.S., Nordine BenMimoun coach des Météores et Olivier Sakouvogui, plus connu sous le nom de Sakou, coach du Flash.

Linsey, peux-tu me dire comment est né le projet WUS

Cette année mon équipe ne participe pas au Challenge, du coup nous voulons participer à tous les événements organisés qui nous permettraient de jouer. Mais il faut savoir qu’à partir du moment où le Challenge aura commencé toutes les équipes engagées ne seront alors plus vraiment disponibles.

Après avoir été invitées par les Dragons de Paris fin décembre à un scrimmage du même type, j’ai pu discuter avec différentes personnes, (coachs et joueuses) et pu avoir des conseils auprès de joueurs d’experience.

J’en suis donc arrivée à cette conclusion : trop de filles jouent aux football et restent dans leur coin sans pouvoir pleinement partager la discipline avec d’autres joueuses. Je me suis donc dit qu’il faudrait créer une rencontre en parallèle du challenge afin de donner une nouvelle dynamique et surtout de l’expérience aux filles en attendant de pouvoir s’inscrire au challenge 2017.

Scrimmage de décembre 2015 : Dragons, Corsaires et Furies
Scrimmage de décembre 2015 : Dragons, Corsaires et Furies

C’est en effet ce qui a souvent été conclu et ce qui explique l’engouement pour les rassemblements IDF par exemple.

Comment t’es venue l’idée du nom : Women Underground Scrimmage ? 

Après tout ça je me suis aussi prise la tête sur le nom que j’ai cherché pendant une semaine. Je voulais vraiment un nom facile à utiliser, facile à retenir et surtout en lien avec le concept. Oui, il est en anglais car en français ça ne sonnait pas vraiment bien et n’avait pas l’impact escompté.

Quel est le principe du projet ? 

Je voulais que la première édition se fasse en janvier, j’ai donc contacté toutes les équipes d’Île-de-France car ce sont les clubs les plus proches et cela me permettait de mettre en place ce projet beaucoup plus rapidement. Nous sommes plusieurs clubs dont le nombre de joueuses varie, l’idée ici est de mixer les équipes afin de ne pas créer une compétition entre les équipes mais plutôt une ouverture d’esprit pour l’amour de notre sport.

Le temps d’un après-midi, la compétition se fera donc face à une équipe complètement reconstituée. En début de journée, quelques ateliers par postes seront proposés afin que les coaches puissent voir comment les joueuses évoluent. Ce temps sera relativement court car le but n’est en aucun cas de remplacer ou de faire doublon aux regroupements qui se font déjà. Pour faciliter le déroulement de la journée nous partirons sur un cahier de jeux simple et commun qui évoluera au fil du temps. Concernant la gestion des équipes, chaque journée nous désignerons un coordinateur offensif et défensif en fonction du nombre de joueuses. Ensuite place aux oppositions qui se dérouleront dans les mêmes conditions que le Challenge à savoir les même règles, avec des arbitres, etc… Comme en vraie situation de match !

Quels sont les objectifs de ces journées pour les différentes équipes et joueuses ? 

Les objectifs premiers sont que les filles prennent du plaisir et quelles s’entrainent pour quelques chose. Qu’il se crée en elles un esprit compétitif mais aussi d’équipe, mais également de « briser la glace » entre les équipes ( j’ai pas vraiment le mot) et de leur permettre d’avoir leur premières sensations de football.

Ensuite je dirais qu’il s’agira de pérenniser ce projet afin qu’il évolue dans le temps.

Quelles ont été les difficultés que tu as du affronter ou que tu rencontres encore ?

J’ai créé Women U.S. pour tout le monde et sous aucunes couleurs. C’était important pour moi, car quand je parle de ce projet je ne suis pas Corsaire ! Oui, effectivement j’ai rencontré des difficultés,  à plusieurs niveaux d’ailleurs.

1/ Organiser un projet comme celui-là en étant soit même dans un club est difficile. Il est difficile d’y mettre une organisation neutre vis à vis de ses propres coachs et de son président car je ne suis qu’une simple joueuse et à partir du moment où je vais les faire participer il est difficile pour eux comme pour moi d’adopter un autre positionnement.

2/ Inviter d’autres clubs à participer est difficile soit parce qu’ils se méfient de l’organisation ou peut-être ont-ils peur que leur filles leur échappent, je ne sais pas. Il y aussi le long temps de réponse voir très long pour certains clubs car la section féminine n’est pas prioritaire : vous avez tort ! Haha !

3/ Les désistements de dernière minutes très difficiles à gérer comme partout ou même les « finalement je serai là ». Enfin, ça c’est plus pour les coachs.

4/ Les coachs qui disent que leur filles ne sont pas prêtes. Concrètement que veulent-ils dire ? C’est bien dans ces moments qu’elles pourront se préparer, comprendre ce qu’est le foot ne serait-ce qu’en venant voir.

Affiche de la première édition de Women U.S.
Affiche de la première édition de Women U.S.

À qui sont ouverts ces scrimmages ?

Si on s’intéresse à la première dimension du projet, ils sont avant tout ouverts à toutes les équipes qui ne sont pas assez pour pouvoir faire une attaque et une défense, celles qui ne peuvent pas s’inscrire au challenge mais également celles qui y sont inscrites. En effet, il y a une deuxième dimension à ce projet qui est de permettre à ces équipes déjà en lice de participer à ces journées en vue d’un match amical mais également de préparation à leur futur match.

Les Dragons de Paris étaient prêtes à inaugurer cette première édition mais elles n’on pas pu malheureusement. Le rendez vous est donc pris pour février. De ce fait, la premiére équipe à participer au projet a été le Flash de la Courneuve.

Quels sont les retours que tu as eu suite à cette première édition ? 

J’ai eu beaucoup de remerciements et de félicitations. Les filles étaient ravies et sont dans l’attente de la prochaine. Quand aux coachs, plusieurs m’ont remerciée, ils étaient ravis que j’ai pensé à eux car ils n’ont que 2 voir 3 filles. J’ai senti tout le monde décontracté et content de cette journée. Des équipes souhaitent déjà réitérer l’aventure et notamment des équipes non présentes dimanche comme les Diables rouges et les Félines qui ont pris rendez vous pour février.

Comment vois-tu donc la suite, as-tu pensé à des améliorations ? 

Comme toute personne qui organise, j’ai oeil plus perfectionniste et il y a encore des choses à améliorer, à changer, à ajouter ou à ne plus faire : c’est en forgeant qu’on devient forgeron ! En tout cas la suite est prometteuse, il y a de quoi faire et les filles et les coachs sont motivés. Quoi rêver de mieux ? Le plus dur sera de trouver les dates car il y a beaucoup de matchs en même temps. Pour la session de février j’envisage d’organiser ça le 21 ou le 28 février. Pour l’instant on n’a pas encore l’endroit mais j’y travaille !

Linsey, un petit mot de fin ? 

Franchement j’ai pris plaisir à organiser cette journée et j’espère que ce sera pareil pour les autres. Ce que je retiens surtout ce sont les super rencontres que j’y ai faites : Sakou et Kévin du Flash, Nordine des Météores et Jéremy des Ogres et merci à tous les autres que je connaissais déjà.

Merci beaucoup Linsey ! 

Première édition de Women U.S.
Première édition de Women U.S.

 

Voici justement les retour du coach des Météores, Nordine BenMimoun et de Sakou du Flash. 

Comment s’est passée cette première édition ? 

Nordine : Pour une première avec des joueuses de 6, voir 7 équipes différentes, on peut dire que le résultat est plus que bon. Nous n’avions pas de cahier de jeux commun mais les joueuses ont réussi à s’adapter rapidement au système. Il faut donc les féliciter pour ça et pour leur investissement et leur écoute.

Sakou : Tout d’abord très bonne initiative de Linsey. Sans des personnes impliquées et volontaires comme elle, le foot féminin mettrait des décennies pour faire parler de lui. Cette journée fut très agréable, nous avons pu réunir un petit effectif, mais cela nous a permi de faire tourner nos jeux et de mettre nos joueuses dans des conditions de « match ».  De part et d’autre, l’envie était au rendez vous et les conditions météorologiques aussi. Nous remercions aussi les Diables Rouges d’avoir accepté de nous recevoir. Ce projet d’Underground Scrimmage est bénéfique pour les équipes qui n’ont pas suffisament de joueuses afin de leur permettre de jouer des rencontres, et de l’autre coté permettre à des équipes inscrites au challenge de pouvoir faire des mises en situation afin de se préparer pour les matchs à venir. L’ambiance était bon enfant et sérieuse à la fois…

Il y a-t-il des points à améliorer selon vous ? 

Nordine : Pour pouvoir améliorer les choses, il serait bien et important d’avoir des pratiques communes. Car on sait tous que les coachs ont une méthode de travail différente et surtout, qu’on n’utilisent pas tous le même vocabulaire. Donc pour faciliter la progression des joueuses, il est hyper important d’avoir des entraînements communs.

Sakou :  L’amélioration se fera au fil du temps, nous sommes dans les prémisses du projet. Je pense que cela ne peut qu’évoluer et donner envie aux femmes de venir participer à cette grande aventure qu’est le football américain. Il y a de la place pour tout le monde et cette « promotion » ne peut être que la plus belle des vitrines en dehors du challenge, car tout le monde y participe.

Qu’est-ce qui est différent dans le fait de coacher des femmes ? 

Nordine : Mon point de vue est plus que positif à ce sujet. Car les joueuses féminines veulent apprendre, alors elles sont investies, attentives et surtout « coachables ».  Il y avait une très bonne ambiance, les filles communiquent beaucoup entre elles. Elles s’entraident, se motivent et se félicitent. C’est important d’avoir une cohésion de groupe. Et pour elles c’est naturel.

Sakou : Ce que j’aime c’est que les femmes ont besoin de comprendre le pourquoi de la chose et que seulement ensuite elles le feront. C’est la grande différence avec les hommes et une fois que l’on a compris cela il est facile de pouvoir coacher un groupe et d’avancer tout en prenant du plaisir. Passer son temps à crier derrière les personnes sans donner d’explication, ne fait que fermer la personne et on n’en tirera pas le meilleur (c’est mon point de vue).

Que pensez-vous du développement du football féminin en général ? 

Nordine : Clairement je crois au foot féminin en France. Il n y a qu’à regarder notre cousin, le rugby. Il y a une très bonne équipe nationale féminine. Donc si on se donne les moyens de développer cette section, on pourra à moyen terme avoir une équipe nationale.

Sakou : Pour favoriser le développement du foot féminin, il faudrait déjà avoir un championnat et non un challenge. 5 matchs dans une saison c’est court. Mettre en place des regroupements c’est une bonne chose, cela permet de se rencontrer et de pouvoir entamer un travail de grande envergure pour les années à venir, comme une équipe IDF, puis EDF… Longue vie aux projets autour du sport féminin et n’hésitez pas a en proposer, il y aura toujours des gens pour vous aider ou vous soutenir ! Go Girls !!!

Merci beaucoup à Linsey, Nordine et Sakou pour ces retours inspirés, riches et enthousiastes. Ils reflètent parfaitement la réalité du football américain féminin à l’heure actuelle : beaucoup de soutien, de petites initiatives et énormément d’envie ! En espérant que le reste suive pour des projets officiels de pus grande échelle.

Merci aux Ogres de Créteil pour le partage de la vidéo du touchdown de la rencontre !

Si vous souhaitez faire participer votre équipe aux prochaines éditions de Women Underground Scrimmage, veuillez contacter Linsey à cette adresse : linsey.lg@gmail.com.

Article de Sylvie Aïbeche

[Radio] État des lieux du football français et ouverture internationale

Découvrez la nouvelle émission de Radiossa consacrée exclusivement au football américain féminin.

Nous sommes revenus sur la situation en France, les développements, les difficultés rencontrées aussi, sur le challenge national et les stages. Grâce à des exemples internationaux, nous avons largement débattu d’une éventuelle Équipe de France. L’idée est lancée ! En exclusivité les premiers retours sur le camp finlandais et les enseignements tirés des équipes en lice lors de la coupe d’Europe 2015.

Merci à toute la team de m’avoir invitée en studio.

Enjoy !!

 

[Interview] En route pour Thonon !

Alors que le stage de Thonon commence, il a été sympa de jauger dans quel état d’esprit sont les participantes concernant le camp, leur progression par rapport à la saison qui commence et à l’éventuelle Équipe de France.

Quel est ton ressenti à l’idée de participer à ce premier camp national féminin ?

Amélie Clabaut (WR ArgoCanes) : Je suis tellement heureuse et excitée d’avoir la possibilité de retourner à Thonon-Les-Bains cette année. Nous allons avoir la chance d’être coachées par des entraineurs prestigieux qui nous offrent de leur temps. Ce n’est pas donné à tout le monde et c’est une occasion extraordinaire.

Kamilia Ben Ihaddadene (LB Dragons) : Super excitée à l’idée d’y retourner malgré les températures… C’est dire à quel point j’ai apprécié la première édition ! Haha !

Mathilde Laporte (WR Lions) : C’est ma première année de football et j’en suis complètement passionnée. Participer à ce camp est pour moi un réel plaisir, j’ai hâte de découvrir comment cela se déroule.

Muriel Nogué (FS ArgoCanes) : En mai le rassemblement à Thonon m’a apporté énormément d’un point de vue foot : technique, niveau de jeu, intensité… et d’un point de vue humain également, avec une ambiance inégalée ! J’ai hâte d’y retourner, espérant découvrir encore un peu plus sur chacun des points et le faire découvrir à mes nouvelles coéquipières Hurricanes!

Myriam Toumiat (Linewoman Blue Stars) : Je suis impatiente et enthousiaste de participer à ce premier stage. C’est génial que la FFFA s’intéresse aux féminines et qu’on soit aussi nombreuses à venir.
Stéphanie Best (QB Sharks) : Je suis à la fois très contente et très excite à l’idée de participer à mon premier camp entièrement féminin. C’est une réelle chance de pouvoir faire des stages de  cette envergure en France, j’ai hâte d’y être !

Vu que la saison commence rapidement après, qu’attends-tu de ce stage en particulier ?

Amélie Clabaut (WR ArgoCanes) : Je souhaite en particulier prendre du fun et du plaisir à jouer au football américain avec de nouvelles coéquipières. Et puis, ce sera également l’occasion de me perfectionner sur certains points techniques et d’apprendre de nouvelles choses de la part des coachs. Nous avons encore tellement de choses à apprendre sur le football américain alors autant profiter à fond de chaque instant !

Kamilia Ben Ihaddadene (LB Dragons) : J’attends de ce camp la même chose qu’en mai dernier , après la première édition de ce camp je suis rentrée plus motivée que jamais. Les conditions d’entrainement, le coaching staff et l’immersion sur plusieurs jours sont autant d’éléments qui permettent d’être concentrée à 100%, d’apprendre énormément tout en prenant du plaisir ! À l’issue du camp j’étais plus sereine, plus lucide, j’avais une meilleure vision globale de ce qu’était le foot us, j’ai pu également voir quelles étaient mes pistes de progression mais aussi celles de mon équipe. Je suis satisfaite à 100% du coaching dont je bénéficie au sein de mon club mais avoir un avis extérieur est un bonus enrichissant. À quelques jours du challenge c’est cet état de sérénité et de « clairvoyance » que je veux retrouver ! Me couper de tout, dormir manger et ne respirer que football ! Haha !

Mathilde Laporte (WR Lions) : J’espère que ce stage me fera gagner en assurance et me permettra de m’améliorer sur mes faiblesses. Ce sera un très bon entraînement avant le début de saison.

Muriel Nogué (FS ArgoCanes) : Au vue de la saison qui s’annonce j’espère découvrir mes qualités et mes faiblesses et vite les corriger pour être au top dés le début du challenge!

Myriam Toumiat (Linewoman Blue Stars) : C’est une chance et je compte bien la saisir. Après ce sera aussi le moment d’évaluer mon niveau par rapport aux autres féminines.
Stéphanie Best (QB Sharks) : Mes attentes sont d’apprendre toujours et sans cesse, d’approfondir mes connaissances, de découvrir d’autres techniques, d’effectuer de nouveaux jeux et de prendre de l’aisance pour progresser encore plus.

Bien qu’on ne l’avoue pas totalement, il s’agit bien d’un début de détection du moins pour le sud. Cela change t’il ton approche du camp ?

Amélie Clabaut (WR ArgoCanes) : Cela ne change absolument rien pour moi. Je vais rester moi-même. Je connais les bases du football américain. Je vais jouer comme je sais jouer, apprendre et mettre en pratique les nouveautés. Nous ne pouvons pas changer du tout au tout en seulement 2 jours de camp, mais nous pouvons bien évidemment nous perfectionner et nous améliorer.

Kamilia Ben Ihaddadene (LB Dragons) : Honnêtement non, pour moi chaque training est comme une détection ! C’est la première chose qui nous est enseigné chez les Dragons, se donner à fond en toutes circonstances ! Nos coachs sont très exigeant envers nous par conséquent je le suis toujours envers moi même. Mon état d’esprit ne sera pas différent de celui que j’ai à chacun de mes entrainements chez les Dragons.

Mathilde Laporte (WR Lions) : Pas du tout.

Muriel Nogué (FS ArgoCanes) : Concernant la détection, cela ne change pas mon regard du camp, j’y vais sérieusement, pour progresser et prendre du plaisir, le regard des coachs ne changera ni ma façon de voir le foot ni mon comportement, donner le meilleur et prendre du fun !

 Myriam Toumiat (Linewoman Blue Stars) : Je suis débutante et plus toute jeune… donc j’y vais sans pression, je me donnerai à fond mais mon but premier est d’évoluer et d’apprendre le plus possible.

Stéphanie Best (QB Sharks) : Forcément ça rajoute une pression supplémentaire mais ça ne changera pas ma manière de jouer, ni de donner toujours mon maximum dans tous les cas.

Que ressens-tu par rapport à la création d’une équipe de France ?

Amélie Clabaut (WR ArgoCanes) : Je suis ravie de savoir qu’une équipe de France va probablement être créée. C’est une chance immense pour toutes les filles participant à ce stage d’être sous « les feux des projecteurs » pour une éventuelle sélection pour former la première équipe de France féminine de l’histoire du football américain français. Cela prouve bien que le football américain féminin prend une ampleur assez importante en France. Les débuts ont été très difficiles et cela l’est encore aujourd’hui. Il faut continuer d’avancer et de travailler pour voir enfin un championnat féminin exister dans l’avenir. #Let’s Go Ladies

Kamilia Ben Ihaddadene (LB Dragons) : Pour l’instant pas grand chose à vrai dire. C’est super de voir que le football américain féminin gagne en crédibilité et de sentir que les ligues et la fédération s’intéressent à nous mais pour l’instant ce n’est qu’un projet, je suis très pragmatique dans ma façon d’aborder les choses donc pour l’instant la seule chose qui m’intéresse c’est le Challenge et l’évolution de mon équipe. Une étape après l’autre !

Mathilde Laporte (WR Lions) : Le football américain féminin se développe lentement mais sûrement, je pense que nous sommes de plus en plus nombreuses, et c’est super. Une équipe de France serait un réel accomplissement du travail de toutes les filles en France, mais nous ne sommes peut être pas suffisamment prête (peu de match, peu d’équipes en France constituées de peu de joueuses malgré tout).

Muriel Nogué (FS ArgoCanes) : L’équipe de France est un pas en avant énorme dans le foot américain féminin. On progresse, on avance, on a besoin de challenges à la hauteur de nos ambitions ! Rencontrer des équipes étrangères est la meilleure chose pour progresser, allier des joueuses de différents clubs sous un même drapeau rappelle à des valeurs essentielles ! Et l’encadrement qui entoure l’EDF est une chance unique de progresser très vite techniquement, physiquement, et de s’imprégner de l’esprit foot !!

Myriam Toumiat (Linewoman Blue Stars) : C’est nécessaire, pour développer le foot américain féminin, il faut avoir un championnat et une équipe de France. C’est difficile d’intéresser des sportives sans objectifs de compétition. Ce qui est sûr c’est que je serai une fervente supportrice de l’équipe de France.
Stéphanie Best (QB Sharks) : La création d’une EDF marquera un grand pas dans le Foot US féminin, car ça prouve que cette discipline est reconnue et que le développement féminin se construit sur des bases solides. Ce serait une fierté et un accomplissement de voir un jour les couleurs de la France représentées à l’étranger dans ce sport.

 

Merci mesdames et bon stage à toutes les joueuses et aux coachs !

 

Article par Sylvie Aïbeche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[Interview] Le retour des Falcons !

Une excellente nouvelle arrive avec ce début d’année : le retour en force des Falcons de Bron-Villeurbanne !

Voici un article paru dans Le Progès, un journal lyonnais, le 4 janvier 2016 :

Football-américain-féminin-Article-Falcons
Football-américain-féminin-Article-Falcons

Ouverte depuis 2013, la section a vécu des hauts et des bas avec notamment une quasi fermeture durant la saison 2014 – 2015 faute d’effectif. C’était sans compter l’irréductible Séverine Duchez présente depuis la première heure et qui a su se battre pour garder cette section vivante. Nous sommes revenues sur ses années chez les Falcons, la découverte des autres joueuses françaises et surtout l’arrivée d’Alexandre Camara leur nouveau coach et le renouveau de leur groupe.
Voici son ressenti :

Peux-tu nous en dire plus sur la création et la première saison de l’équipe féminine des Falcons ?
La création de l’équipe s’est faite sous l’impulsion de Lucie Ramade. En effet, cela faisait déjà deux ou trois ans qu’elle jouait avec les juniors. La première saison a été dure, autant physiquement que moralement. On a du apprendre toutes les bases et on n’a commencé qu’assez tardivement les vrais contacts et la mise en place des postes.

Toi qui est restée depuis le début de la création de l’équipe, quel a été ton sentiment lorsque tu étais la seule licenciée ?
Tout 2015, j’ai été seule et franchement j’avais un sentiment d’abandon total de la part du club. J’avais beau demander où cela en était je ne recevais aucune réponse. Mais Alexandre Camara est arrivé au sein des Falcons et a repris les choses en main en proposant de remonter l’équipe. C’est un grand plaisir d’avoir à nouveau une section !

Tu as tout de même été à Thonon pour représenter les Falcons en mai dernier, quelles ont été tes impressions en découvrant les autres joueuses de France ?
Franchement, à Thonon, j’ai été agréablement surprise. Je ne m’attendais pas à autant de fraternité entre les joueuses. Les filles des différentes équipes et les coachs m’ont beaucoup apporté. Et grâce à tout ce petit monde, j’ai eu de nouveau envie de jouer au football américain. Grace à vous je n’ai pas baissé les bras ! Merci !

Tu as continué à aller aux regroupements de la région Rhône-Alpes pendant cette période. Peux-tu nous en dire un plus stp ?
Je n’ai malheureusement pas pu aller aux deux derniers regroupements qui se sont étoffés de nouvelles équipes, mais pour ceux où j’ai été je ne peux dire qu’une chose : on s’entend bien et le projet avance doucement mais sur une bonne base !

Après ce long combat, le club dote enfin la section d’un coach, quel est ton ressenti ?
Au début j’avais quelques doutes mais après la rencontre avec notre nouveau coach, j’ai vu qu’il était autant motivé que moi par l’équipe. Grace à lui, en ce début d’année, on a notamment fait paraître un article dans Le Progrès, un journal lyonnais. Lundi 11 janvier nous aurons également une équipe de tournage de TLM (une chaine de télé lyonnaise également) qui viendra faire un petit reportage sur notre équipe. Depuis l’arrivée d’Alex, il y a eu pas mal de renouveau et les filles ont l’air bien motivées !

Quelles autres mesures met également en place le club pour développer votre section ?
Outre la publicité dans la presse écrite, la télévision ou la radio, nous allons aussi distribuer des flyers dans Lyon pour nous faire connaître. Mais pour le moment, cela en restera à là : bouche à oreille et un peu de communication.

(Ce qui est vraiment pas mal !)

Séverine Duchez - Centre et Nose chez les Falcons
Séverine Duchez – Centre et Nose chez les Falcons

As-tu déjà rencontré les nouvelles filles de ton équipe ? Comment ont-elles découvert le sport ? Quel est leur ressenti ?
En ce qui concerne les filles, j’en ai rencontré trois qui sont sportives et surtout très motivées. Franchement, cela s’est très bien passé, je leur ai expliqué les problèmes qu’on avait rencontré et ce qu’il ne fallait surtout pas faire. C’est le bouche à oreille qui leur a fait connaître ce sport. Elles n’ont pas arrêté de relancer le club pour savoir quand l’équipe reprendrait, donc ça prouve bien leur envie ! Pour l’instant nous n’avons pas encore eu d’entrainements. Le premier sera le vendredi 8 janvier mais je ne me fais pas de soucis. Cette année, elles vont apprendre les bases et je pense que l’on va vite progresser.

Du coup, que ne faut-il surtout pas faire à ton avis ?

Disons surtout qu’il faut venir aux entrainements avec une seule idée en tête : « Football américain » ! Ne penser et ne parler que de ça quand on entre sur le terrain. Le reste c’est en dehors. On a la chance de pratiquer un beau sport qui nous permet de nous défouler. Faisons-le à fond !

Que souhaiterais-tu dire aux éventuelles nouvelles recrues et filles de ta région concernant notre sport et la reconstruction de l’équipe ?
Aux nouvelles recrues, je dirais qu’il ne faut pas se focaliser sur l’image que les médias donnent de ce sport. On parle du football américain comme d’un sport de brutes alors qu’en réalité, le football américain nous apprend des valeurs qui sont essentielles dans la vie de tous les jours. Il nous apprend aussi à faire confiance aux autres et à travailler tous ensemble dans un seul et même but : gagner !
Dans ce sport, on ne juge pas… Que vous soyez maigrichonne ou plus imposante, vous avez votre place. Le physique, on s’en tape, ce qui compte c’est l’envie et la motivation. Sachez aussi que le challenge principal c’est d’être meilleure à chaque entrainement, avant tout c’est un défi personnel.
Aux Falcons, on a eu pas mal de soucis, mais nous n’avons jamais baissé les bras. Nous repartons sur des bases solides avec des objectifs bien définis. Alors si vous vous sentez l’âme d’une guerrière, que vous avez envie d’en découdre, de transpirer, n’hésitez pas à venir nous rejoindre, nous vous accueillerons les bras ouverts !

Merci beaucoup à Séverine pour cette interview et sa perseverance !

Bonne saison aux Falcons !

Par Sylvie Aïbeche